« Bonjour à tous,
Le jour que je redoutais tant est arrivé, et c’est avec une grande émotion que j’ai décidé d’arrêter mon engagement dans l’éducation populaire, donc les colos, mais je suis très fière et heureuse d’avoir pu partager tous ces moments à vos côtés depuis déjà 18 ans.
Dans une société de plus en plus égocentrique et individualiste, où, pour progresser plus vite, il est commun de mettre la tête sous l’eau de ses concurrents, voire même de les enfoncer un peu plus pour voir s’il y a encore des bulles, il est tellement important que ces séjours perdurent. Montrer aux jeunes que le vivre ensemble et la collectivité sont possibles et ce que cela peut tellement leur apporter est primordial.
Lors de mon dernier séjour, j’ai pris le temps de me mettre à l’écart pour observer de loin mon groupe et mon équipe, juste les regarder évoluer sous mes yeux. Je l’avoue, les larmes sont assez vite montées. J’ai vu une fourmilière en pleine ébullition où chacun avait sa place, une cohésion entre les jeunes et une complicité, de l’entraide, des regards pleins de douceur et d’empathie, des jeunes qui acceptent et prennent en compte les différences de chacun et leurs rythmes, leur participation aux tâches de la vie quotidienne et collective, mais aussi des petits coups de gueule, ce qui est important, car poser des limites n’est pas toujours facile, des jeunes dont l’évolution a été fulgurante, une équipe qui va dans le même sens et sait exactement ce qu’elle doit faire. Les voir grandir et s’enrichir ensemble, ça n’a pas de prix pour moi, et quel joli cadeau !
À côté des séjours, j’ai eu la chance d’avoir quelques expériences en tant que directrice de réserve, expériences que je n’oublierai pas non plus, car tellement enrichissantes. Pas si simple, il faut l’avouer. Arriver dans une équipe déjà en place ayant déjà vécu tout un tas de choses. Je n’oublierai pas ce qu’un des animateurs m’a avoué quand je suis partie. Il m’a dit : « Tu sais, Cécile, j’avoue que je ne voulais pas du tout de toi au début, mais maintenant que tu pars, j’aimerais que tu restes avec nous. Tu es comme Nanny McPhee, elle dit : "Tant qu'on a besoin de moi et qu'on ne veut pas de moi, je reste ; mais le jour où l'on veut de moi mais qu'on n'a plus besoin de moi, ce jour-là, je pars. C'est assez triste, mais c'est ainsi." » Ça m’a beaucoup touchée et ça restera en moi longtemps.
Je remercie toutes ces petites personnes qui sont là à l’arrière, dans l’ombre, pour permettre que les séjours se fassent et se montent, quels que soient les services, parce que là encore se cache une autre petite fourmilière qui s’active pour permettre à toutes ces jolies choses de naître. Merci pour votre soutien et votre présence. J’ai été loyale pendant ces 18 ans à cette association qui restera pour moi toujours EPAF, car j’y trouvais un cadre rassurant et un soutien au directeur, un esprit collectif auquel je tiens tant.
Une dernière pensée pour mon premier directeur, Daniel D, qui m’a formée et donné envie d’aller vers la direction, ainsi qu'à mes différents adjoints qui resteront dans mon cœur.
Pour finir, je remercie mon conjoint, qui a accepté si souvent de me voir partir sans lui, parfois vers des destinations qui lui faisaient envie. Merci d’avoir été compréhensif lorsque je passais des heures à préparer mes séjours, d’avoir accepté d’avoir peu de nouvelles pendant leur déroulement et de m’avoir toujours fait confiance. Je crois que tout, ou du moins l’essentiel, a été dit, merci encore.
Je vous embrasse fort, »